Communiqué de Presse

L’imagerie par satellite permet de dresser un nouveau portrait des forêts sauvages du Canada

OTTAWA, le 15 septembre 2003 – Aujourd’hui, à Ottawa, Global Forest Watch Canada a procédé à la présentation des résultats de l’étude la plus exhaustive menée à ce jour sur les forêts sauvages du Canada. Utilisant le dernier cri en matière de technologie d’imagerie par satellite, l’étude intitulée Grands terrains forestiers intacts a permis d’établir que 40 pour cent des forêts canadiennes ont été fragmentées par les activités industrielles tandis que les 60 pour cent restants – soit la presque totalité de la région boréale nordique – demeurent intacts.

 « Bien que nombre d’études antérieures aient démontré l’ampleur de la superficie que couvrent les forêts canadiennes existantes, aucune n’avait encore réussi à établir lesquelles demeuraient intègres sur le plan écologique et protégées contre la fragmentation attribuable à des activités de développement telles que l’exploitation forestière, la construction de routes, l’exploitation minière ainsi que l’exploration pétrolière et gazière. Pour la première fois, nous avons été en mesure de quantifier les grands terrains forestiers qui demeurent intacts », d’expliquer Peter Lee, écologiste et coordonnateur national pour Global Forest Watch Canada.

De grands terrains forestiers intacts – c’est-à-dire des zones épargnées de toute activité industrielle depuis au moins 50 ans et suffisamment étendues pour conserver toutes leurs espèces naturelles et tous leurs processus écologiques – ne se trouvent plus que dans un nombre limité de régions de la planète, dont les forêts boréales de l’Amérique du Nord et de la Russie ainsi que les forêts tropicales humides de l’Amazone, de l’Afrique centrale et de l’Asie du Sud-Est. Au Canada, près de 340 millions d’hectares, ou 60 pour cent des terrains forestiers étudiés dans le cadre de cette étude, demeurent intacts. De ces grands terrains forestiers intacts qui restent, seulement 7 pour cent se trouvent dans le réseau protégé des parcs nationaux et provinciaux.

Il n’existe plus de grandes forêts intactes en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick ou sur l’Île-du-Prince-Édouard. Près des deux tiers des grandes forêts intactes du Canada encore existantes se trouvent dans un territoire et trois provinces, en l’occurrence au Québec, dans les Territoires du Nord-Ouest, en Ontario et en Colombie-Britannique (classés par ordre d’importance). Le Manitoba, la Saskatchewan et le territoire du Yukon abritent également des terrains forestiers intacts d’une certaine étendue.

La vaste majorité (plus de 90 pour cent) des grands terrains forestiers intacts encore existants au Canada se trouvent dans une large ceinture forestière qui s’étend d’un bout à l’autre de la région boréale canadienne. Cette région boréale abrite une riche mosaïque de terrains forestiers, de rivières, de lacs et de terres humides au nord de la zone des forêts tempérées.

Les forêts tempérées très biodiversifiées dans le sud du Canada ont été gravement fragmentées par les activités humaines. Quatre-vingt-dix pour cent de toutes les grandes forêts tempérées encore intactes se trouvent dans les montagnes de la Colombie-Britannique et sont formés principalement de terrains en région alpine.

« Les grands terrains forestiers répertoriés dans Grands terrains forestiers intacts du Canada ont une valeur écologique mondiale considérable, car ils assurent des services essentiels à toutes les formes de vie », de dire le Dr David Schindler, professeur d’écologie des commémoratives Killam à l’Université d’Alberta et membre de la prestigieuse Société royale, qui a agit à titre de conseiller spécial dans le cadre du projet. « Nos trouvailles soulignent l’importance que le Canada prenne en main la gestion des terrains sauvages restants selon le principe de précaution », d’ajouter le Dr Schindler.

À l’échelle mondiale, les grands terrains forestiers intacts se font de plus en plus rares, compte tenu en bonne partie des effets de l’intervention humaine à grande échelle, des effets qui ne sont ni facilement ni rapidement renversés. 

« Compte tenu de la quantité des forêts boréales canadiennes qui demeurent intactes, nous avons une occasion unique de nous assurer que cette région demeure une source d’air propre, d’eau propre et de faune abondante pour l’ensemble des Canadiens. Le temps est clairement venu de planifier la conservation des forêts boréales canadiennes sans tarder sans quoi il risque d’être trop tard », selon Cathy Wilkinson, directrice de l’Initiative boréale canadienne (IBC), un organisme indépendant sis à Ottawa. L’IBC a contribué à cette étude « parce que nous reconnaissons à quel point il est essentiel d’avoir accès à des données de qualité afin d’influencer l’élaboration de nouvelles politiques », d’ajouter Wilkinson.  

La préparation du rapport a été initialement financée par la société d’ameublement IKEA. D’autres donateurs de soutien incluent le Richard and Rhoda Goldman Fund, la Doris Duke Charitable Foundation et l’Initiative boréale canadienne. L’Environmental Systems Research Institute (ESRI) et Leica Geosystems Geographic Imaging (ERDAS) ont offert un appui non financier sous la forme de support du logiciel de cartographie. GéoGratis de Ressources naturelles Canada et les installations de couverture terrestre de l’Université du Maryland ont fourni de nombreuses images prises par satellite.

Grands terrains forestiers intacts du Canada a été produite en collaboration avec des membres canadiens, américains et russes du réseau Global Forest Watch. Les cartes du rapport seront diffusées à grande échelle en format électronique et sur papier pour faciliter la prise de décisions pratiques eu égard aux forêts canadiennes.

Global Forest Watch Canada est le nœud national du réseau Global Forest Watch, un projet du World Resources Institute. Le réseau Global Forest Watch a été mis sur pied pour assurer un meilleur accès à l’information sur les forêts mondiales et les impacts de leur exploitation sur l’environnement.

Grands terrains forestiers intacts du Canada, y compris des cartes et des données ainsi que des documents d’information à l’intention des médias, se trouve dans les sites Web suivants : www.globalforestwatch.org et www.globalforestwatch.ca

Personnes-ressources

Ellen Adelberg (communiqué national canadien)
Tel: (+1-613) 523-3905
Jim Thompson (communiqués régionaux canadien)
Tel: (+1-613) 567-9592

Adlai Amor, Media Director (communiqués aux Etats-Unis)
Tel: (+1-202) 729-7736 Email: aamor@wri.org