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Communiqué de Presse
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Adlai Amor, Media Director
Tel: (+1-202) 729-7736 Email: aamor@wri.org
Un rapport met en valeur les menaces qui pèsent
sur le secteur forestier camerounais.
YAOUNDE, Cameroun, 19 juin - Un nouveau rapport sur
les forêts camerounaises révèle que le secteur forestier,
actuellement en pleine expansion, ne pourra continuer à grandir que
si les ressources forestières sont bien gérées et suivies, et si
les législations en vigueur sont appliquées de manière
consistante.
"Les enjeux sont importants", d'après Henriette Bikié,
une des auteurs du rapport, Aperçu de la situation de
l'exploitation forestière au Cameroun, publié Les nouvelles par le
World Resources Institute (WRI) dans le cadre du projet Observatoire
Mondial des Forêts. "Le Cameroun est parmi les 5 plus grands
exportateurs de grumes tropicales. Ce secteur engendre plus d'un
quart des revenus non pétroliers du pays, et environ 60 millions de
dollars US en revenus fiscaux."
Avec l'assèchement des ressources pétrolières, les exportations
de grumes constitueront probablement une part croissante des revenus
extérieurs du pays. La production de grumes a augmenté de 35 pour
cent depuis 1980 au Cameroun.
Néanmoins, l'industrie du bois au Cameroun s'appuie principalement
sur 5 espèces. Les marchés asiatiques étant en forte expansion
comparés aux marchés européens pour le bois camerounais, il est
possible que l'exploitation devienne plus intense si les
consommateurs asiatiques se révèlent être intéressés par une
plus grande variété d'espèces que les Européens.
Les forêts les plus intactes du Cameroun sont situées dans le
sud-est du pays. Cette zone est aussi là où se trouvent les
concessions les plus vastes et les taux d'extraction les plus
élevés. Vingt-cinq individus et compagnies forestières
détiennent environ les trois quarts des forêts camerounaises.
Au-delà de la valeur économique du bois, les forêts camerounaises
sont parmi les plus diversifiées et les plus menacées d'Afrique
Centrale. Les forêts du Bassin du Congo, qui s'étendaient sur plus
de 198 millions d'hectares en 1995, représentent le deuxième plus
grand bloc de forêts tropicales au monde après le Bassin de
l'Amazonie. Le bassin du Congo comprend six pays d'Afrique Centrale
dont le Cameroun.
Environ 76 pour cent, soit plus de 17 millions d'hectares, des
forêts camerounaises (qui s'étendent sur 22,8 millions d'hectares)
a été exploité ou au moins désigné comme concession
forestière. Moins d'un cinquième des forêts non protégées du
pays, surtout dans le centre et l'est du pays, n'a pas été touché
par l'exploitation.
Seulement 6 pour cent, soit 1,4 millions d'hectares, des forêts
camerounaises sont protégées sous le statut d'un parc national ou
d'une réserve. "Cependant, l'agriculture, le braconnage et
l'exploitation forestière illégale menacent toutes ces
zones", explique Bikié.
En 1994, le Cameroun a adopté une nouvelle loi forestière qui, si
elle est appliquée, pourrait contribuer à la réduction des coûts
sociaux et environnementaux de l'exploitation, tout en générant
plus de revenus fiscaux. Le rapport de l'Observatoire Mondial des
Forêts révèle que même si l'application de cette nouvelle
législation est encore difficile, une hausse de 40 pour cent des
revenus fiscaux générés par mètre cube a déjà été observée.
Cependant, le nouveau système d'allocation des concessions
forestières, une vente aux enchères, a été ralenti à la suite
d'une série d'irrégularités. Au moins 5 des 23 concessions
attribuées sous la nouvelle loi en 1997 étaient en violation avec
la loi, et le statut de 12 autres était questionnable. Plus de la
moitié des licences, un ancien type de permis forestiers qui est
progressivement remplacé par des unités forestières
d'aménagement, opèrent en violation de la loi.
Quoique le nombre de procès-verbaux établis pour des activités
forestières illégales ait chuté entre 1985 et 1999, l'application
rigoureuse de la loi est encore un problème. Les procès-verbaux se
perdent souvent dans le labyrinthe de l'administration ou sont
parfois même arrêtés suite à l'intervention d'une personnalité
influente.
"Vu ses implications économiques et environnementales,
l'exploitation forestière doit être suivie de près si le Cameroun
souhaite conserver ses ressources forestières pour les
générations futures," prévoit Jonathan Lash, président du
WRI. "Si elles sont gérées convenablement, les forêts du
Cameroun pourraient offrir des revenus à long terme sans risquer
les fonctions naturelles de ces écosystèmes."
Le rapport et les cartes de l'Observatoire Mondial des Forêts
Cameroun, ainsi que des produits similaires pour le Gabon,
représente le premier effort de documenter l'exploitation
forestière au travers du Bassin du Congo de manière systématique.
L'Observatoire Mondial des Forêts, lancé officiellement en début
d'année, combine des informations de terrain avec la technologie de
télédétection pour fournir des informations correctes sur le
développement des forêts au travers de l'Internet
(www.globalforestwatch.org). Les deux premiers rapports de
l'Observatoire Mondial des Forêts étaient axés principalement sur
l'exploitation forestière, mais à l'avenir le suivi se portera
aussi sur d'autres activités humaines à grande échelle, telles
que l'exploitation minière pétrolière et la chasse.
L'Observatoire Mondial des Forêts travaille actuellement avec 75
partenaires dans 7 pays. D'ici 5 ans, ce réseau international
s'étendra sur 21 pays et environ 80 pour cent des forêts intactes
restantes sur la planète. Au Cameroun, l'Observatoire Mondial des
Forêts est composé des organisations non gouvernementales
suivantes: le Centre pour l'Environnement et le Développement,
Cameroon Environmental Watch, et le Centre International d'Etudes
Forestières et Environnementales, ainsi que d'un point focal au
Ministère des Eaux et Forêts.
L'Institut des Ressources Mondiales (World Resources Institute -
WRI) est un centre de recherche basé à Washington, DC, qui fournit
des informations et des solutions pratiques pour encourager
l'élaboration de politiques de développement durable sans
compromettre l'environnement. Le WRI travaille en collaboration avec
des institutions dans plus de 50 pays pour fournir les conclusions
d'études scientifiques, d'analyses économiques et d'expériences
pratiques aux gouvernements, à la société civile, et au secteur
privé. Pour plus d'informations, consultez le site du WRI à
http://www.wri.org/wri/press
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le rapport (PDF, 3.94 MB) |