Communiqué de Presse

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Un rapport met en valeur les menaces qui pèsent sur le secteur forestier camerounais.

YAOUNDE, Cameroun, 19 juin - Un nouveau rapport sur les forêts camerounaises révèle que le secteur forestier, actuellement en pleine expansion, ne pourra continuer à grandir que si les ressources forestières sont bien gérées et suivies, et si les législations en vigueur sont appliquées de manière consistante.

"Les enjeux sont importants", d'après Henriette Bikié, une des auteurs du rapport, Aperçu de la situation de l'exploitation forestière au Cameroun, publié Les nouvelles par le World Resources Institute (WRI) dans le cadre du projet Observatoire Mondial des Forêts. "Le Cameroun est parmi les 5 plus grands exportateurs de grumes tropicales. Ce secteur engendre plus d'un quart des revenus non pétroliers du pays, et environ 60 millions de dollars US en revenus fiscaux."

Avec l'assèchement des ressources pétrolières, les exportations de grumes constitueront probablement une part croissante des revenus extérieurs du pays. La production de grumes a augmenté de 35 pour cent depuis 1980 au Cameroun.

Néanmoins, l'industrie du bois au Cameroun s'appuie principalement sur 5 espèces. Les marchés asiatiques étant en forte expansion comparés aux marchés européens pour le bois camerounais, il est possible que l'exploitation devienne plus intense si les consommateurs asiatiques se révèlent être intéressés par une plus grande variété d'espèces que les Européens.

Les forêts les plus intactes du Cameroun sont situées dans le sud-est du pays. Cette zone est aussi là où se trouvent les concessions les plus vastes et les taux d'extraction les plus élevés. Vingt-cinq individus et compagnies forestières détiennent environ les trois quarts des forêts camerounaises.

Au-delà de la valeur économique du bois, les forêts camerounaises sont parmi les plus diversifiées et les plus menacées d'Afrique Centrale. Les forêts du Bassin du Congo, qui s'étendaient sur plus de 198 millions d'hectares en 1995, représentent le deuxième plus grand bloc de forêts tropicales au monde après le Bassin de l'Amazonie. Le bassin du Congo comprend six pays d'Afrique Centrale dont le Cameroun.

Environ 76 pour cent, soit plus de 17 millions d'hectares, des forêts camerounaises (qui s'étendent sur 22,8 millions d'hectares) a été exploité ou au moins désigné comme concession forestière. Moins d'un cinquième des forêts non protégées du pays, surtout dans le centre et l'est du pays, n'a pas été touché par l'exploitation.

Seulement 6 pour cent, soit 1,4 millions d'hectares, des forêts camerounaises sont protégées sous le statut d'un parc national ou d'une réserve. "Cependant, l'agriculture, le braconnage et l'exploitation forestière illégale menacent toutes ces zones", explique Bikié.

En 1994, le Cameroun a adopté une nouvelle loi forestière qui, si elle est appliquée, pourrait contribuer à la réduction des coûts sociaux et environnementaux de l'exploitation, tout en générant plus de revenus fiscaux. Le rapport de l'Observatoire Mondial des Forêts révèle que même si l'application de cette nouvelle législation est encore difficile, une hausse de 40 pour cent des revenus fiscaux générés par mètre cube a déjà été observée.

Cependant, le nouveau système d'allocation des concessions forestières, une vente aux enchères, a été ralenti à la suite d'une série d'irrégularités. Au moins 5 des 23 concessions attribuées sous la nouvelle loi en 1997 étaient en violation avec la loi, et le statut de 12 autres était questionnable. Plus de la moitié des licences, un ancien type de permis forestiers qui est progressivement remplacé par des unités forestières d'aménagement, opèrent en violation de la loi.

Quoique le nombre de procès-verbaux établis pour des activités forestières illégales ait chuté entre 1985 et 1999, l'application rigoureuse de la loi est encore un problème. Les procès-verbaux se perdent souvent dans le labyrinthe de l'administration ou sont parfois même arrêtés suite à l'intervention d'une personnalité influente.

"Vu ses implications économiques et environnementales, l'exploitation forestière doit être suivie de près si le Cameroun souhaite conserver ses ressources forestières pour les générations futures," prévoit Jonathan Lash, président du WRI. "Si elles sont gérées convenablement, les forêts du Cameroun pourraient offrir des revenus à long terme sans risquer les fonctions naturelles de ces écosystèmes."

Le rapport et les cartes de l'Observatoire Mondial des Forêts Cameroun, ainsi que des produits similaires pour le Gabon, représente le premier effort de documenter l'exploitation forestière au travers du Bassin du Congo de manière systématique. L'Observatoire Mondial des Forêts, lancé officiellement en début d'année, combine des informations de terrain avec la technologie de télédétection pour fournir des informations correctes sur le développement des forêts au travers de l'Internet (www.globalforestwatch.org). Les deux premiers rapports de l'Observatoire Mondial des Forêts étaient axés principalement sur l'exploitation forestière, mais à l'avenir le suivi se portera aussi sur d'autres activités humaines à grande échelle, telles que l'exploitation minière pétrolière et la chasse.

L'Observatoire Mondial des Forêts travaille actuellement avec 75 partenaires dans 7 pays. D'ici 5 ans, ce réseau international s'étendra sur 21 pays et environ 80 pour cent des forêts intactes restantes sur la planète. Au Cameroun, l'Observatoire Mondial des Forêts est composé des organisations non gouvernementales suivantes: le Centre pour l'Environnement et le Développement, Cameroon Environmental Watch, et le Centre International d'Etudes Forestières et Environnementales, ainsi que d'un point focal au Ministère des Eaux et Forêts.

L'Institut des Ressources Mondiales (World Resources Institute - WRI) est un centre de recherche basé à Washington, DC, qui fournit des informations et des solutions pratiques pour encourager l'élaboration de politiques de développement durable sans compromettre l'environnement. Le WRI travaille en collaboration avec des institutions dans plus de 50 pays pour fournir les conclusions d'études scientifiques, d'analyses économiques et d'expériences pratiques aux gouvernements, à la société civile, et au secteur privé. Pour plus d'informations, consultez le site du WRI à http://www.wri.org/wri/press

Télécharger le rapport (PDF, 3.94 MB)